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1903-2003 : un siècle de pèlerinages namurois
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La
source à Arlon, comme la Semois
- L’origine des
pèlerinages n’est pas ambitieuse. Elle est modeste, telle une
source. Presque accidentelle.
- En février
1902, au Patronage Saint-François-Xavier, à Arlon, quelques jeunes
se distraient, discutent. Au hasard de la conversation, ils émettent
le souhait d’aller en groupe aux sanctuaires de Notre-Dame de
Lourdes, là-bas au bout de la France. L’idée est reprise en chœur,
elle enchante, elle fait son chemin.
- Très vite,
Emile Lejeune entre en scène. Mais qui est-il ? C’est un homme de 24
ans, né à Gouvy. Après ses études à l’Athénée d’Arlon, il a commencé
une carrière de fonctionnaire au gouvernement provincial où il
deviendra plus tard chef de Division.
- En vue de cette
démarche à Lourdes, pour couvrir les frais de déplacement, Emile
Lejeune s’offre à constituer une cagnotte et à recevoir
hebdomadairement les cotisations de sept ou huit travailleurs.
- Le projet
s’ébruite. Les inscriptions provenant essentiellement du monde
ouvrier, affluent, se multiplient au point que le nombre de
participants fixé préalablement à trente-deux, va être largement
dépassé.
- Le départ vers
Lourdes est prévu pour le 23 août 1903. Sollicité de toutes parts,
Emile Lejeune envisage, dès le 23 mars 1903, d’étendre aux habitants
de toute la province la possibilité d’accéder à ce premier
pèlerinage. "On trouve qu’il est hautement souhaitable de resserrer
les liens qui unissent les chrétiennes populations à la foi robuste
et fière." Il s’agira donc d’un pèlerinage luxembourgeois auquel Mgr
Heylen, évêque de Namur, accorde un " haut patronage" qu’il partage
d’ailleurs avec le comte Camille de Briey, gouverneur de la
province.
- Le combisme :
une menace sur Lourdes ?
- La France
d’alors vit depuis 1902 sous le gouvernement d’Emile Combes qui s’en
prend aux congrégations religieuses. La loi qu’il prépare aboutira
en 1905 à la séparation des Eglises et de l’Etat.
- Dès 1903, la
rumeur selon laquelle les sanctuaires de Lourdes pourraient être
fermés, est relayée par certains journaux belges. Elle perturbe les
populations, notamment les catholiques luxembourgeois qui hésitent à
se rendre dans la cité mariale. De ce fait, l’organisation du
pèlerinage se trouve quelque peu ralentie. D’autre part, alors que
le programme prévoit des arrêts touristico-religieux à Paris,
Bordeaux et Reims (au retour), certains préféreraient un trajet plus
direct, donc moins coûteux, et n’adhérent pas à l’idée d’Emile
Lejeune.
- Malgré ces
diverses contingences, le pèlerinage aura lieu. Le 23 août 1903, la
messe du départ est célébrée en l’église Saint-Donat à Arlon, par le
chanoine Lecler, inspecteur diocésain des écoles. Démarrant de la
gare arlonaise, le train comporte pour les pèlerins des voitures
spéciales de la Compagnie française de l’Est. A Marbehan, il prend
en charge les participants du Nord-Luxembourg, dont le chanoine
Couturiaux, de Marche, directeur des Œuvres sociales du diocèse (et
futur président des pèlerinages). Les derniers fidèles rejoignent le
groupe à Virton. Soit au total 95 personnes, la plupart venant
d’Arlon et des environs. A Paris, elles vont s’unir au pèlerinage
organisé par l’Alliance catholique de Bruxelles.
- Lourdes est au
bout du rail. Là, les jours passent vite. Ils sont riches
d’enchantement et de ferveur. C’est la satisfaction parfaite qui se
complète encore par un encouragement venant d’une autorité
religieuse : au cours d’une homélie, Mgr Turinaz, évêque de Nancy,
félicite ses voisins de la province du Luxembourg pour l’excellente
organisation de leur pèlerinage.
- S’adressant
ensuite aux habitants de Lourdes, le prélat les exhorte à ne jamais
permettre que la basilique soit fermée par la persécution… ! Peu de
temps plus tard, deux cents hommes de la localité veilleront chaque
nuit sur les abords de la grotte, de la piscine et du sanctuaire. Le
combisme n’y viendra guère, d’autant que les pèlerinages servent
bien l’hôtellerie et le commerce de la cité.
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1905 : le
pèlerinage devient diocésain
- En 1904, après
le deuxième voyage luxembourgeois à Lourdes (930 participants),
quelques pèlerins, réunis à Libramont, jettent les bases définitives
de l’organisation des pèlerinages.
- Un comité est
constitué. Présidé par le chanoine Couturiaux, de Marche-en-Famenne,
il comprend 17 membres dont sept prêtres et dix laïcs : Henri
Bourguignon, notaire à Marche, Paul de Moffarts, conseiller
provincial à Botassart, Henri Delvaux, député, de Cierreux, le
docteur Eugène Jacques, président de la Fédération des mutualités
chrétiennes, à Florenville, Camille Joset, directeur de "L’Avenir du
Luxembourg", Gustave Lonchay, député permanent, de Remoiville (Sibret),
les avocats Michaëlis (Arlon) et Poncelet (Neufchâteau), le docteur
Sironval, de Jamoigne, et Alphonse Willems, directeur de l’ "Arloner
Zeitung" à Arlon.
- Lors de cette
même réunion, Emile Lejeune est confirmé dans ses fonctions de
secrétaire général. D’autre part, on décide d’aller dorénavant à
Lourdes en train spécial pour donner aux malades la possibilité de
s’y rendre en plus grand nombre.
- En 1904
également, l’œuvre d’Emile Lejeune est adoptée officiellement par
Mgr Heylen, évêque de Namur, "qui l’agrée comme diocésaine" ; elle
s’établit donc solidement et va sans cesse s’épanouir.
- Le comité est
prié de rendre le pèlerinage diocésain. Il hésite encore sur
l’opportunité de cette orientation qui finalement sera prise,
l’année suivante. En effet, en 1905, pour donner satisfaction aux
catholiques de la province voisine, le prix du voyage à Lourdes est
calculé également à partir des gares de Namur et de Dinant, les
groupes namurois devant rejoindre le gros du pèlerinage à Givet.
- En janvier 1906
paraît le premier numéro de "Salve Regina" qui se veut "l’organe
trimestriel illustré du pèlerinage diocésain de Namur à Notre-Dame
de Lourdes".
- La deuxième
livraison de la revue (avril 1906) nous apprend que des
modifications sont introduites dans le comité organisateur qui
dorénavant comptera des Namurois. Le baron de Montpellier,
gouverneur de Namur, rejoint son collègue luxembourgeois à la
présidence d’honneur. Nouveaux membres effectifs : les doyens de
Philippeville et de Fosses, Auguste Mélot, député, et le comte de
Villermont, président de la Ligue agricole de la province de Namur.
Le chanoine Couturiaux, président effectif, de Marche, est flanqué
d’un vice-président: le chanoine Houba, archiprêtre à Namur.
- Les pèlerinages
à Lourdes deviennent donc pleinement diocésains. Toutefois
l’administration et l’organisation, gérées par Emile Lejeune,
demeurent à Arlon.
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Le maire de
Lourdes proteste.
- En France,
depuis le 1er janvier 1906, la loi sur la séparation de l’Eglise et
de l’Etat est entrée en vigueur. Si la hiérarchie ecclésiastique est
délivrée de la tutelle gouvernementale, des tracasseries diverses et
multiples risquent par contre d’entraver le libre exercice du culte.
Les Fabriques d’église sont supprimées et doivent être remplacées
par des associations cultuelles auxquelles seront attribués les
biens temporels du culte.
- En vue
d’assurer la transmission de ces biens, la loi ordonne que soit
dressé un inventaire descriptif et estimatif. A cet effet, les
agents de l’administration des Domaines se présentent, le 26 janvier
1906, dans les sanctuaires de Lourdes et établissent l’inventaire. A
l’issue de l’opération, une protestation du Conseil municipal est
lue devant les agents par le maire Justin Lacaze : […] si les menses
épiscopales (biens de l’évêché) doivent disparaître, la population
catholique de Lourdes revendique hautement pour l’évêque du diocèse
le droit de rester, comme il l’a toujours été, à la tête du domaine
de Massabielle.
- Le maire
rappelle qu’en janvier 1861 le Conseil municipal de Lourdes a vendu
à l’évêque de Tarbes les terrains dits "Rives de Massabielle" pour
qu’une chapelle y soit érigée. Depuis cette époque, poursuit Justin
Lacaze, cette chapelle, connue aujourd’hui sous le nom de "Basilique
de Notre-Dame de Lourdes", est devenue le rendez-vous des
pèlerinages du monde entier, et a été pour notre cité et, surtout
pour notre population ouvrière, une cause de prospérité, jusqu’alors
inconnue.
- Quels que
soient les événements et les lois humaines, la Providence et la
Vierge veilleront sur Lourdes ; les pèlerins continueront à y venir
inlassablement, et de plus en plus nombreux, en particulier les
habitants du diocèse de Namur.
- La guerre
1914-1918 : une longue parenthèse
- Comme prévu, le
pèlerinage du 11 septembre 1906 sera vraiment diocésain, le train
bleu (453 personnes), partant d’Arlon, le train vert (393
personnes), de Namur.
- Le premier
pèlerinage strictement masculin, suggéré par Mgr Heylen, s’ouvrira
le 28 avril 1909. Un contingent de 420 hommes dont 74 prêtres. C’est
un succès en cette saison où les travaux des champs mobilisent les
cultivateurs. Incident à Paris : les dernières voitures du train
déraillent … Une grosse secousse. Pas de blessé mais le convoi prend
du retard.
- A partir de
1910, deux pèlerinages auront bien lieu chaque année, l’un au
printemps, l’autre en automne.
- La guerre de
1914-1918 interrompt l’organisation des voyages à Lourdes tandis que
la Belgique, occupée par l’armée allemande, vit dans les privations,
la souffrance et les deuils. L’œuvre d’Emile Lejeune connaît une
longue parenthèse qui ne se fermera qu’en 1921 avec le pèlerinage de
la reconnaissance et de la paix retrouvée. Un triomphe : 2.800
participants en trois trains et, de plus, 200 fidèles venus en train
ordinaire. Et cela en dépit de bien des difficultés dont celle que
pose alors l’obtention des passeports.
- L’œuvre
retrouve son rythme de croisière. Bientôt, un pèlerinage s’intercale
entre celui du printemps et celui de l’automne.
- C’est alors
aussi que les itinéraires vont se diversifier : par exemple, on va à
Lourdes par Lisieux pour la première fois en 1926. L’année 1925 a vu
se dérouler le premier pèlerinage à Rome (via Sion, Assise, Pise,
Berne) qui se renouvellera tous les deux ans. D’autre part, le
Mont-Saint-Michel devient une escale sur le chemin de Lourdes au
même titre que Lisieux.
- Les années 1930
sont marquées par une grande crise économique. Cependant, au cours
de 1931, Emile Lejeune conduira devant le rocher de Massabielle 3749
pèlerins. Soit sept trains dont cinq directs, et deux par Lisieux.
Ainsi de 1930 à 1939, trente-neuf trains transporteront 21.043
personnes à Lourdes. En outre, pendant cette même période, l’œuvre
diocésaine s’étendra à d’autres sanctuaires et à d’autres
pèlerinages. Nous aurons l’occasion d’en parler dans un prochain
numéro de "Salve Regina".
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Réflexion et
relance après la guerre 40-45
- En 1939,
l’Allemagne annexe l’Autriche et s’empare entièrement de la
Tchécoslovaquie. Hitler envisage d’envahir la Pologne, ce qu’il fera
d’ailleurs en septembre. Les menaces de guerre sur notre pays et ses
voisins s’amplifient et se précisent. Cependant le pèlerinage vers
la cité du Gave se prépare et 1860 pèlerins sont inscrits en août
1939. Mais, le 23 de ce même mois, le matériel des chemins de fer
français est réquisitionné pour les besoins de l’armée. Et le 25
août, la sagesse veut que le projet de pèlerinage soit annulé pour
éviter qu’il ne se transforme en une "expédition hasardeuse". Il
faudra même récupérer un groupe de pèlerins, partis en avant-garde
le 20 août. Ils seront rapatriés à partir de Toulouse.
- C’est en 1939
qu’Emile Lejeune cesse ses activités professionnelles, après une
carrière de 42 ans au gouvernement provincial à Arlon. Il a 60 ans,
l’âge où les élans et les rêves reviennent en force. L’initiateur
des voyages à Lourdes prend prématurément sa retraite avec la ferme
intention de se consacrer plus activement encore à l’œuvre des
Pèlerinages.
- Hélas, dans ce
domaine, à cause de la guerre 1940-1945, Emile Lejeune connaît une
longue période de répit, qu’il met à profit pour réfléchir et
concevoir les projets futurs.
- Après le
conflit mondial, il opère immédiatement la relance des pèlerinages à
Lourdes, à raison de trois par an. Il organise aussi des séjours de
détente en Suisse dans une atmosphère religieuse.
- Emile Lejeune
prépare encore un déplacement dans les Grisons lorsqu’il décède, le
18 avril 1951, à l’âge de 73 ans. Un homme exceptionnel s’en va. Un
organisateur extraordinaire sans aucun doute mais aussi un grand
chrétien que les épreuves n’ont pas épargné : "la mort de trois
enfants en bas âge, les disparitions prématurées de trois de ses
cinq enfants voués à Dieu et finalement le décès de sa femme en
1936."
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Une équipe :
Maxi Tasiaux et Paul Tavier
- A la suite de
la mort d’Emile Lejeune, les pèlerinages à Lourdes, prévus pour mai
et août sont annulés.
- Le 3 mai 1951,
le secrétariat de l’œuvre des Pèlerinages diocésains namurois, qui,
depuis 1902, fonctionne au 10, rue de Viville à Arlon, est transféré
à Namur, 4, place du Chapitre.
- Ce secrétariat
va être assumé par l’abbé Maxi Tasiaux, aumônier de l’Action
catholique des jeunes, qui immédiatement, prépare le voyage à
Lourdes prévu du 14 au 22 septembre 1951.
- Maxi Tasiaux :
une voix, une force de la nature, l’amabilité, l’enthousiasme, des
convictions, une foi robuste… Nouveau style avec ce jeune prêtre. Il
voit dans le pèlerinage une "véritable marche vers Dieu", qui doit
se prolonger dans la vie de tous les jours, après le retour au pays.
- Devenant le
directeur des Pèlerinages namurois, le chanoine Tasiaux s’adjoint,
en février 1956, un secrétaire permanent en la personne de Paul
Tavier, âgé de 26 ans, originaire de Hour. Un homme intelligent,
travailleur, courtois, simple, jamais désarçonné par les difficultés
et maniant l’humour à bon escient. Il sera la cheville ouvrière des
pèlerinages qui, dès les années 1960, vont davantage encore se
diversifier.
- Si Rome figure
déjà au programme depuis un certain temps, la Terre Sainte s’y
ajoutera en 1964, d’abord tous les deux ans et par bateau, plus tard
en avion et plusieurs fois par année.
- C’est à partir
des années 1973-1974 que plusieurs pèlerins du diocèse vont en
Egypte, puis en Grèce sur les traces de saint Paul, en Turquie où
saint Jean et l’apôtre des Gentils s’illustrèrent par la prédication
et le sacrifice.
- En 1976, les
Pèlerinages namurois font confiance à la voie aérienne ; la formule
est intéressante, elle séduit, elle se développe au point qu’à ce
jour plus de 16.000 fidèles se sont rendus par avion dans la ville
mariale des Hautes-Pyrénées, en atterrissant à Tarbes.
- Ainsi que le
souligne volontiers Paul Tavier, le concile Vatican II a beaucoup
changé l’esprit de Lourdes et des pèlerinages, notamment par la
concélébration de l’eucharistie, la liturgie plus accessible,
l’utilisation du français pour les offices et les lectures, la
prédication plus ouverte, les carrefours et les échanges plus
proches des préoccupations quotidiennes des gens.
- Le miracle de
Lourdes
- Les acteurs de
l’histoire n’arrêtent pas le temps. Les années passent, les
pèlerinages se succèdent, les hommes se remplacent. En 1995, Paul
Tavier, premier collaborateur du chanoine Tasiaux, prend sa retraite
sans pour autant cesser toute activité dans l’œuvre des Pèlerinages
namurois dont il préside aujourd’hui le conseil d’administration.
Son successeur sera son fils Bertrand qui très vite va maîtriser
l’organisation avec dynamisme et perspicacité.
- Le 9 juin 1997,
Maxi Tasiaux, atteint d’une grave maladie, s’en va pour le
pèlerinage de l’éternité, donnant à ceux qu’il quitte l’exemple d’un
grand courage dans la souffrance. Le chêne s’est abattu mais il
laisse des racines de sève, d’esprit et de cœur.
- A la suite de
ce décès, l’abbé Philippe Goffinet, prêtre éminent à bien des
égards, devient le directeur des Pèlerinages namurois.
- L’histoire des
chemins menant les fidèles du diocèse de Namur à Lourdes est
multiple. Nous en avons relevé quelques jalons, des fragments, des
signes. Un récit sans aucun doute incomplet. Un abrégé.
- Nous n’avons
pas évoqué les miracles. Et pourtant le miracle de Lourdes existe.
Il est permanent. Nous l’avons vécu comme tous les pèlerins. Il se
manifeste lumineusement quand tous les bruits de la ville se brisent
à l’entrée des sanctuaires et que des milliers d’hommes et de
femmes, blancs, noirs et jaunes, valides et malades, partagent le
même silence, la même espérance, la même sérénité spirituelle.
- Le miracle de
Lourdes, c’est la chute de toutes les barrières, de toutes les
différences, celles des classes, des races, des langues et des
cultures. C’est l’humanisme des ressemblances, la fraternité à
l’état universel.
- André Collard
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Statistiques
des pèlerinages namurois à Lourdes
- Depuis le
premier voyage de 1903 jusqu’au pèlerinage de septembre 2002.
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Nombre Pèlerins Pèlerins
- de
trains valides malades
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477 236.043 19.840
- Total des
pèlerins
- par trains (236.043 + 19.840)
255.883
- Pèlerins par avion (à partir de 1976)
16.452
- Pèlerins par cars (à partir de 1997)
1.237
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- Total
général 273.572
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La
diversification et l'adaptation des pèlerinages au cours du siècle.
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- A l'origine
- L'initiative des pèlerinages est venue d'un groupe de jeunes
du patronage Saint-François-Xavier de Arlon qui désiraient se rendre
à Lourdes. Monsieur Emile Lejeune prit les choses en main et
concrétisa le projet.
- Comme le rappelle si bien André Collard dans son historique
des Pèlerinages Namurois (voir Salve Regina N° 1/2003), le succès
est immédiat et fulgurant, à tel point que dès 1905, les pèlerinages
arlonnais, déjà devenus luxembourgeois sont reconnus comme
diocésains par Monseigneur Heylen.
- Les rassemblements de Lourdes sont donc diocésains, mais très
vite aussi, se fait sentir le besoin d'aller ailleurs, vers d'autres
destinations de pèlerinage.
- Début de la diversification
- Et dès 1906, apparaissent, dans la revue de l'association,
des publicités pour des pèlerinages en Terre Sainte avec
l'association Notre-Dame de Salut (qui existe toujours à l'heure
actuelle).
- C'est une véritable expédition que d'entreprendre un tel
voyage et ce n'est pas accessible à tous. Départ de Marseille le 2
septembre, retour le 11 octobre, soit 40 jours, à bord du bateau
l'Etoile. Itinéraire : Athènes, Mont-Athos, Constantinople, île de
Rhodes, circuit en Terre Sainte et retour par Le Caire et les
pyramides, Malte, Naples et Pompéi. Nous pouvons également lire sur
cette publicité qu'il s'agit déjà du 32e pèlerinage en Terre Sainte.
- Si ces pèlerinages ne sont pas organisés par l'association de
Monsieur Lejeune, elle est déjà un relais pour satisfaire les désirs
les candidats pèlerins.
- A l'initiative de Monseigneur Heylen est créé le premier
pèlerinage des hommes en 1909. Nous ne trouvons nulle part
l'explication à cette "ségrégation" mais le succès est à nouveau au
rendez-vous. Il y a eu six pèlerinages des hommes jusqu'en 1952.
- En 1910, un pèlerinage à Lourdes supplémentaire est organisé
en passant par Domrémy (Jeanne d'Arc) et Paray-le-Monial. C'est le
premier pèlerinage des vacances.
- L'idée qui a germé dans la tête de Monsieur Lejeune est de
faire découvrir aux pèlerins d'autres lieux, essentiellement des
lieux de pèlerinage.
- L'essor de l'entre-deux guerres
- En 1922, 950 pèlerins se rendent à Nancy pour participer au
spectacle de la Passion. L'expérience sera renouvelée en 1923, 24 et
29. Ce sont 2308 personnes qui se sont déplacées pour voir ce
spectacle.
- En 1925, apparaît le pèlerinage à Rome. Il aura lieu tous les
deux ans. Le voyage se fait par train spécial dans lequel ont pris
place 453 pèlerins. Ce système permet de choisir aisément les étapes
du pèlerinage (1925, étapes à Sion, Assise, Pise, Florence, Milan et
Berne - 1927, étapes à Chambéry, Pise, Assise, Padoue, Venise, Milan
et Einsiedeln ...).
- En 1926, 462 pèlerins participent au pèlerinage à Lisieux.
- Monseigneur Heylen, évêque du diocèse de Namur, est également
président des congrès eucharistiques internationaux. En 1930, le
congrès est organisé à Carthage (Tunisie). Monsieur Lejeune profite
du déplacement vers Marseille pour passer par Paray-le-Monial, Ars,
Lyon et pour revenir par Avignon et la Grande Chartreuse.
- En 1932, c'est à Dublin que se déroule le congrès
eucharistique. Les Pèlerinages Namurois sont les organisateurs
officiels pour toute la Belgique. 300 personnes y participeront et
visiteront, au passage, Londres et Oxford. Puis ce sera Budapest en
1938.
- Dans la foulée, en 1934, pour les grandes journées belges
d'Einsiedeln, ce sont 470 pèlerins qui effectueront le déplacement
vers le sanctuaire suisse grâce aux Pèlerinages Namurois.
- Derrière tous ces pèlerinages, on retrouve toujours l'idée
exprimée dans la revue Salve Regina numéro un de 1934 : "Poursuivant
notre programme d'éducation artistique des foules catholiques, nous
avons compris dans le programme du pèlerinage à Lourdes une visite
complète de la ville de Nîmes." C'est bien ce souci que l'on trouve
au travers de cette diversification.
- Malgré la crise des années 1930, le succès ne se dément pas.
Suite à la dévaluation de 1935, il y a une baisse importante du
nombre de pèlerins mais très vite la courbe de participation
redevient vite ascendante.
- Pour la période de1903 à 1939, ce sont 114 trains pour
Lourdes qui ont transporté 62905 pèlerins auxquels il faut ajouter
2131 pèlerins à Rome, Carthage Dublin et Budapest, 2308 pèlerins à
la Passion de Nancy, 450 à Lisieux et 158 à Sainte-Odile. La plupart
des grands sanctuaires de France ont été visités : Domrémy, Ars,
Fourvière, Paray-le-Monial, Nevers, Sainte-Anne d'Auray, Chartres,
Mont Saint-Michel,...
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L'après-guerre
- Durant les années de guerre, les hospitaliers ont continué à
se retrouver annuellement, sauf en 1944. En 1946, un petit groupe de
pèlerins reprend le chemin vers Lourdes. Après ces années de grandes
frustrations, les foules de pèlerins reviennent encore plus
nombreuses à Lourdes : de 2330 personnes en 1947, on passe à 4318
dès 1948. La reprise est à nouveau fulgurante.
- Pour répondre "au désir de certaines familles catholiques",
Monsieur Lejeune a "organisé en août 1948, une semaine de détente à
Einsiedeln". 25 personnes vont y prendre part. En 1949 et 1950, ce
sont chaque fois 50 personnes qui se rendent à Sion pour une semaine
de détente priante.
- 1950, les Pèlerinages Namurois vont conduire plus de 600
belges, dont plus de 400 pèlerins du diocèse de Namur, vers Rome
pour l'Année Sainte. "L'intention principale des pèlerins est,
assurément, de gagner la grand Indulgence du Jubilé,... Mais ce
pèlerinage leur donne en outre l'occasion de visiter les plus
célèbres sanctuaires de la chrétienté, d'admirer une série
remarquable de villes d'art et de monuments et de parcourir quelques
régions les plus pittoresques de l'occident".
- La mort inopinée de Monsieur Lejeune, le 18 avril 1951, lors
de la préparation d'un séjour dans les Grisons en Suisse, "plongea
quelques temps dans le désarroi l'oeuvre des pèlerinages
diocésains". Les deux pèlerinages à Lourdes de mai et d'août sont
supprimés.
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Une énergie
nouvelle
- Mais le désarroi n'est pas long. Quinze jours plus tard,
c'est le jeune abbé Max. Tasiaux qui va prendre la succession. Et de
quelle manière ! C'est à cette date que le secrétariat va être
installé à Namur. Les pèlerinages vers Lourdes vont reprendre leur
rythme de croisière et l'oeuvre de Monsieur Lejeune est assurée dans
la continuité.
- En 1952, le congrès eucharistique de Barcelone voit 170
pèlerins belges emmené par leur nouveau responsable.
- L'abbé Tasiaux, dans le même temps qu'il assure la
responsabilité des Pèlerinages Namurois, est également aumônier de
l'Action catholique des jeunes. C'est cet esprit nouveau qu'il va
insuffler dans ses nouvelles fonctions. Les pèlerinages vont s'en
ressentir.
- En 1952, une section des jeunes des Colonies fraternelles et
des Cadettes de Notre-Dame se rendent alternativement à Lourdes aux
vacances de Pâques, accompagnés par l'abbé Hanoul. En 1954, année
mariale et année du 25e anniversaire des Colonies fraternelles, 500
jeunes se rendent à Lourdes avec la collaboration des Pèlerinages
Namurois.
- Le 26 août 1959, un convoi de 3000 pèlerins du diocèse de
Namur se dirige vers Trèves pour aller vénérer la Sainte Tunique du
Seigneur. De nombreuses personnes ne peuvent cependant pas prendre
part à ce déplacement, faute de places.
- 1960, Lourdes accueille le congrès du M.I.J.A.R.C. (mouvement
international de la jeunesse agricole et rurale catholique). Plus de
25.000 jeunes venus de tous les coins du monde s'y sont réunis.
- Les Pèlerinages Namurois sont de toutes les parties,
saisissant la balle au bond, répondant à toutes les sollicitations
d'un monde catholique en plein mouvement.
- En 1962, l'abbé Tasiaux rédige l'éditorial du Salve Regina
depuis Jérusalem. Il est parti en repérage en Terre Sainte avec
l'espoir de pouvoir un jour emmener des pèlerins sur les pas de
Jésus. Le premier groupe y part en 1964, par bateau, en
collaboration avec des organisations françaises. Un groupe est
constitué tous les 2 ans.
- Dans le prolongement des pèlerinages à Lourdes, lors des
vacances, les pèlerins peuvent découvrir l'Espagne : Saint-Jacques
de Compostelle (en 1965 et 1976) et Loyola (1970).
- En 1965, une animation spécifique est proposée aux enfants
présents au pèlerinage. Ils sont une cinquantaine, garçons et filles
de six à quatorze ans. Deux carrefours sont organisés ainsi que la
découverte des lieux où vécut Bernadette à Lourdes et Bartrès et de
la Cité Saint-Pierre. Ces initiatives ont permis aux enfants de
"comprendre le message de la Vierge et en imprégner leur vie".
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Simplifications administratives.
- Il est intéressant de garder à l'esprit que tous ces
pèlerinages ont été réalisés à une époque où voyager était encore
d'une grande complexité administrative. Les réseaux ferroviaires ne
sont pas encore unifiés. Pour se rendre à Lourdes, il faut donc
disposer, pour chaque pèlerin, d'un billet pour chaque compagnie de
chemin de fer qui jalonne le trajet (Etat belge, Est français, Nord
belge, Nord français, Orléans et Midi). C'est donc un véritable
casse-tête pour les organisateurs que de s'y retrouver dans tous les
tarifs, en fonction de la gare d'embarquement, de la classe, de
l'âge,...
- Le passage des frontières est également source d'une grande
anxiété. Dans un compte rendu de 1911, nous pouvons lire : "Anor !
La douane ! Formalité bien désagréable pour les fumeurs... Que
d'ingéniosité aussi de la part de certains amis du bon vieux Nicot
pour dérober aux regards indiscrets des représentants du fisc,
d'amples provisions de route."
- Au retour, chacun est également tenu de déclarer ses achats
de souvenirs aux douaniers et de s'acquitter de la taxe.
- Avec la construction européenne et l'unification des réseaux
nationaux des chemins de fer, les formalités vont progressivement
s'estomper au point que de nos jours, nous n'avons plus qu'un vague
souvenir de tous ces désagréments du voyage.
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Développement économique
- Après la reconstruction de l'Europe après la guerre, les
années 60 vont marquer un tournant dans le développement économique,
technologique et l'infrastructure.
- Le réseau autoroutier se développe avec une rapidité
incroyable dans toute l'Europe permettant les déplacements par
autocars. L'aviation se sécurise et se démocratise. C'est également
une période d'une prospérité inconnue jusque-là. Le pouvoir d'achat
des ménages est élevé et le chômage presque inexistant.
- Dans ce contexte, de nouveaux types de voyages vont se mettre
en place. Les pèlerinages par autocars voient le jour. En 1973, 150
pèlerins partent pour Lisieux par ce mode de transport. Ces voyages
sont généralement contenus entre le lundi et le vendredi, ce qui
permet aux prêtres, encore nombreux, de profiter de quelques
vacances sans délaisser leur paroisse le dimanche et aux
grands-parents de recevoir leurs petits-enfants le week-end. La
formule plaît et a emmené des pèlerins dans un nombre
invraisemblable de sanctuaires de France, essentiellement, mais
aussi de Suisse ou d'Allemagne.
- La démocratisation des prix de l'avion et la sécurisation des
vols rend possible les pèlerinages en Terre Sainte au plus grand
nombre par des séjours beaucoup plus courts que par bateau pour des
prix nettement plus abordables. Le "vrai" pèlerinage est maintenant
à la portée de tous. En 1972, un pèlerinage en Terre Sainte est même
organisé pour les jeunes de l'Action catholique.
- D'autres destinations deviennent également accessibles : la
Turquie en 1977, Fatima en 1978.
- En 1976, un nouveau pas est franchi. Le train n'est plus
l'unique mode de transport pour rejoindre Lourdes. L'avion fait son
apparition. Ce ne sera qu'une percée timide pour commencer, mais
bien vite elle va connaître un engouement que seule l'arrivée du TGV
en Belgique en 1997 va pouvoir freiner. D'une quinzaine de pèlerins
en 1976, on passe à plus de onze cents en 1996.
- Jusque dans les années 80, seule l'Italie continue à
accueillir nos pèlerins par trains entiers, Rome attirant un tel
nombre de participants, que seul l'acheminement par trains spéciaux
reste possible. Lors de l'Année Sainte de 1975, ce sont 650 pèlerins
qui prennent place à bord du train spécial de pèlerinage. Seuls deux
petits groupes de 50 personnes n'ayant pu se joindre au train s'y
rendent par avion. Le dernier train est celui organisé pour la
canonisation du Frère Mutien en 1989, 300 pèlerins y ont pris place.
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Crise
économique et crise religieuse
- Après avoir atteint des sommets de participation à la fin des
années septante, les années quatre-vingts vont marquer le début
d'une lente érosion de la participation des pèlerinages à Lourdes.
Ce sont les années d'austérité des gouvernements Martens successifs
mais aussi le début d'un certain désintérêt de la chose religieuse.
Dans les années florissantes, les gens, pour la plupart, ont pris
l'habitude de prendre des vacances et d'en profiter pour voyager.
Ils souhaitent aussi découvrir d'autres lieux que Lourdes ou ne plus
y séjourner aussi longtemps. Les séjours plus courts, et donc moins
coûteux, par avion vont alors apparaître. Les familles n'ont plus le
budget pour cumuler un séjour à Lourdes avec une autre destination,
le pèlerinage n'étant plus considéré comme destination prioritaire
de vacances. On voit alors les grands-parents emmener leurs
petits-enfants en pèlerinage, souvent comme cadeau de communion.
- D'autre part, pour ceux qui ont pris l'habitude de voyager,
naît un désir de voyager autrement. Les enfants sont devenus
autonomes, la carrière professionnelle n'est plus à construire et
une recherche spirituelle apparaît. Les pèlerinages culturels
répondent parfaitement à ce désir en satisfaisant cette curiosité à
découvrir notre histoire, de nouveaux horizons, d'autres
cultures,... mais aussi répondent à cette quête spirituelle. Le but
n'est donc plus uniquement de se rendre sur un lieu de pèlerinage ou
de vénérer un saint mais de redécouvrir nos racines à la lumière du
message évangélique.
- S'adapter et innover
- Dans ce contexte, nous parlons alors, non pas de tourisme
religieux qui met en avant l'aspect touristique agrémenté de
quelques visites religieuses, mais de pèlerinage culturel où le
voyage est un prétexte à une approche spirituelle. C'est en tout cas
le rôle essentiel tenu par les animateurs des pèlerinages, qui
souvent transforment un touriste en pèlerin. On peut alors proposer
de très nombreuses destinations : Grèce, Turquie, Chypre, Sicile,
Tchéquie, Pologne, Irlande, Espagne, Portugal,... et on peut en
inventer beaucoup d'autres.
- Cette évolution s'est renforcée dans le courant des années
nonante.
- 1997 voit apparaître les premiers groupes vers Lourdes par
autocars. Cette formule permet un passage par Nevers. L'intérêt pour
les pèlerins est de pouvoir découvrir, en un seul pèlerinage, les
deux faces de la vie de sainte Bernadette et aussi de le faire au
sein d'un petit groupe bien vite soudé par le ferment spirituel que
l'animateur y insuffle. Jusqu'à cette date, seules les agences de
voyages proposaient des déplacements, mais pas de véritables
pèlerinages, vers Lourdes par car.
- En 1998, apparaissent les pèlerinages d'une journée (Reims,
Maastricht, Anvers, Banneux, Trêves, Bon Secours-Tournai et Lourdes
à partir de 1999). Ces journées, qui pourraient être perçues comme
des excursions, sont vécues comme de véritables pèlerinages. Les
motivations à la participation à ces groupes sont multiples :
retrouver l'ambiance des pèlerinages, découvrir un patrimoine
culturel et religieux d'une autre manière, découvrir les activités
des Pèlerinages Namurois sans trop investir financièrement, vivre
toutes les dimensions d'un vrai pèlerinage lorsque l'on n'a pas la
possibilité de quitter son foyer plusieurs jours pour diverses
raisons,... Il y a probablement autant de raisons différentes qu'il
y a de personnes dans le groupe.
- En 2002. On a remis au goût du jour le principe du pèlerinage
des vacances, itinérant ou circulaire, qui avait vu le jour en 1938.
Il s'agit en quelque sorte de faire un tour de France de sanctuaires
avec comme point culminant Lourdes en y retrouvant les autres
pèlerins du rassemblement diocésain.
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Les
pèlerinages de demain
- Beaucoup de personnes se sont essayées à des projections sur
l'avenir. Dans les années soixante, on imaginait que la voiture de
l'an 2000 volerait, qu'on irait déjeuner sur la lune,... Nous ne
nous livrerons pas à ce genre d'exercice. Mais nous pouvons brosser
des tendances. Nous allons vers une plus grande diversification où
les aspects culturel et humain seront au centre du pèlerinage. La
notion de rassemblement diocésain est en perte de vitesse. De moins
en moins de pèlerins savent encore ce qu'est un diocèse. L'idée de
rassembler un grand nombre de pèlerins, à Lourdes par exemple, sera
de plus en plus difficile à maintenir, le monde économique qui nous
entoure nous forçant à un certain étalement des groupes. Dans ces
conditions qu'en sera-t-il de la disponibilité de nos prêtres
accompagnateurs qui sont déjà de plus en plus sollicités pour faire
face à la carence des vocations ? Peut-on considérer que les J.M.J.
sont une nouvelle forme de pèlerinage ?
- Il y aura de nombreux défis à relever.
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Conclusions
- Durant les 75 premières années de l'œuvre des pèlerinages, on
peut considérer que ce que l'on appelle à l'époque "les foules" sont
catholiques et que le souci des Pèlerinages Namurois est non
seulement d'entretenir cet état, mais aussi de contribuer à
l'éducation culturelle et artistique permanente des pèlerins, "Que
tes œuvres sont belles".
- Depuis 25 ans, les Pèlerinages Namurois se sont adaptés à
l'évolution de notre société (wallonne plus particulièrement). On
peut dire que les "foules" ne sont plus en majorité catholiques.
Pour beaucoup de personnes, c'est d'abord l'aspect de découverte du
patrimoine culturel et religieux qui prime dans le choix
d'entreprendre un pèlerinage. Il y a bien sûr un certain intérêt
pour la dimension spirituelle mais qui n'est pas toujours bien
identifiée. C'est donc à l'animateur du groupe d'aider à franchir le
pas entre le touriste et le pèlerin.
- Le pèlerinage paraît désuet pour bon nombre de nos
contemporains, pourtant le message qu'il véhicule est d'une
étonnante actualité. Redécouvrir nos racines avec la diversité
culturelle qu'elles recèlent pour nous faire découvrir la richesse
de l'autre. C'est un message d'ouverture et de tolérance que l'on
peut alors saisir. Un pèlerinage c'est également remettre l'humain
au centre des préoccupations au travers de relations vraies au sein
du groupe de pèlerins. C'est enfin remettre toutes ces découvertes
en relation avec le message évangélique pour leur donner du relief.
- Les pèlerinages devront encore s'adapter et se réinventer
mais ils auront toujours leur raison d'être.
- Bertrand Tavier
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