Les pèlerinages namurois. Historique
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La source à Arlon, comme la Semois
1905 : le pèlerinage devient diocésain
Le maire de Lourdes proteste.
Réflexion et relance après la guerre 40-45
Une équipe : Maxi Tasiaux et Paul Tavier 
Statistiques des pèlerinages namurois à Lourdes
La diversification et l'adaptation des pèlerinages au cours du siècle. L'origine
L'après-guerre
Une énergie nouvelle
Simplifications administratives.
Développement économique
Crise économique et crise religieuse
Les pèlerinages de demain
Conclusion
 
1903-2003 : un siècle de pèlerinages namurois
La source à Arlon, comme la Semois
L’origine des pèlerinages n’est pas ambitieuse. Elle est modeste, telle une source. Presque accidentelle.
En février 1902, au Patronage Saint-François-Xavier, à Arlon, quelques jeunes se distraient, discutent. Au hasard de la conversation, ils émettent le souhait d’aller en groupe aux sanctuaires de Notre-Dame de Lourdes, là-bas au bout de la France. L’idée est reprise en chœur, elle enchante, elle fait son chemin.
Très vite, Emile Lejeune entre en scène. Mais qui est-il ? C’est un homme de 24 ans, né à Gouvy. Après ses études à l’Athénée d’Arlon, il a commencé une carrière de fonctionnaire au gouvernement provincial où il deviendra plus tard chef de Division.
En vue de cette démarche à Lourdes, pour couvrir les frais de déplacement, Emile Lejeune s’offre à constituer une cagnotte et à recevoir hebdomadairement les cotisations de sept ou huit travailleurs.
Le projet s’ébruite. Les inscriptions provenant essentiellement du monde ouvrier, affluent, se multiplient au point que le nombre de participants fixé préalablement à trente-deux, va être largement dépassé.
Le départ vers Lourdes est prévu pour le 23 août 1903. Sollicité de toutes parts, Emile Lejeune envisage, dès le 23 mars 1903, d’étendre aux habitants de toute la province la possibilité d’accéder à ce premier pèlerinage. "On trouve qu’il est hautement souhaitable de resserrer les liens qui unissent les chrétiennes populations à la foi robuste et fière." Il s’agira donc d’un pèlerinage luxembourgeois auquel Mgr Heylen, évêque de Namur, accorde un " haut patronage" qu’il partage d’ailleurs avec le comte Camille de Briey, gouverneur de la province.
Le combisme : une menace sur Lourdes ?
La France d’alors vit depuis 1902 sous le gouvernement d’Emile Combes qui s’en prend aux congrégations religieuses. La loi qu’il prépare aboutira en 1905 à la séparation des Eglises et de l’Etat.
Dès 1903, la rumeur selon laquelle les sanctuaires de Lourdes pourraient être fermés, est relayée par certains journaux belges. Elle perturbe les populations, notamment les catholiques luxembourgeois qui hésitent à se rendre dans la cité mariale. De ce fait, l’organisation du pèlerinage se trouve quelque peu ralentie. D’autre part, alors que le programme prévoit des arrêts touristico-religieux à Paris, Bordeaux et Reims (au retour), certains préféreraient un trajet plus direct, donc moins coûteux, et n’adhérent pas à l’idée d’Emile Lejeune.
Malgré ces diverses contingences, le pèlerinage aura lieu. Le 23 août 1903, la messe du départ est célébrée en l’église Saint-Donat à Arlon, par le chanoine Lecler, inspecteur diocésain des écoles. Démarrant de la gare arlonaise, le train comporte pour les pèlerins des voitures spéciales de la Compagnie française de l’Est. A Marbehan, il prend en charge les participants du Nord-Luxembourg, dont le chanoine Couturiaux, de Marche, directeur des Œuvres sociales du diocèse (et futur président des pèlerinages). Les derniers fidèles rejoignent le groupe à Virton. Soit au total 95 personnes, la plupart venant d’Arlon et des environs. A Paris, elles vont s’unir au pèlerinage organisé par l’Alliance catholique de Bruxelles.
Lourdes est au bout du rail. Là, les jours passent vite. Ils sont riches d’enchantement et de ferveur. C’est la satisfaction parfaite qui se complète encore par un encouragement venant d’une autorité religieuse : au cours d’une homélie, Mgr Turinaz, évêque de Nancy, félicite ses voisins de la province du Luxembourg pour l’excellente organisation de leur pèlerinage.
S’adressant ensuite aux habitants de Lourdes, le prélat les exhorte à ne jamais permettre que la basilique soit fermée par la persécution… ! Peu de temps plus tard, deux cents hommes de la localité veilleront chaque nuit sur les abords de la grotte, de la piscine et du sanctuaire. Le combisme n’y viendra guère, d’autant que les pèlerinages servent bien l’hôtellerie et le commerce de la cité.
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1905 : le pèlerinage devient diocésain
En 1904, après le deuxième voyage luxembourgeois à Lourdes (930 participants), quelques pèlerins, réunis à Libramont, jettent les bases définitives de l’organisation des pèlerinages.
Un comité est constitué. Présidé par le chanoine Couturiaux, de Marche-en-Famenne, il comprend 17 membres dont sept prêtres et dix laïcs : Henri Bourguignon, notaire à Marche, Paul de Moffarts, conseiller provincial à Botassart, Henri Delvaux, député, de Cierreux, le docteur Eugène Jacques, président de la Fédération des mutualités chrétiennes, à Florenville, Camille Joset, directeur de "L’Avenir du Luxembourg", Gustave Lonchay, député permanent, de Remoiville (Sibret), les avocats Michaëlis (Arlon) et Poncelet (Neufchâteau), le docteur Sironval, de Jamoigne, et Alphonse Willems, directeur de l’ "Arloner Zeitung" à Arlon.
Lors de cette même réunion, Emile Lejeune est confirmé dans ses fonctions de secrétaire général. D’autre part, on décide d’aller dorénavant à Lourdes en train spécial pour donner aux malades la possibilité de s’y rendre en plus grand nombre.
En 1904 également, l’œuvre d’Emile Lejeune est adoptée officiellement par Mgr Heylen, évêque de Namur, "qui l’agrée comme diocésaine" ; elle s’établit donc solidement et va sans cesse s’épanouir.
Le comité est prié de rendre le pèlerinage diocésain. Il hésite encore sur l’opportunité de cette orientation qui finalement sera prise, l’année suivante. En effet, en 1905, pour donner satisfaction aux catholiques de la province voisine, le prix du voyage à Lourdes est calculé également à partir des gares de Namur et de Dinant, les groupes namurois devant rejoindre le gros du pèlerinage à Givet.
En janvier 1906 paraît le premier numéro de "Salve Regina" qui se veut "l’organe trimestriel illustré du pèlerinage diocésain de Namur à Notre-Dame de Lourdes".
La deuxième livraison de la revue (avril 1906) nous apprend que des modifications sont introduites dans le comité organisateur qui dorénavant comptera des Namurois. Le baron de Montpellier, gouverneur de Namur, rejoint son collègue luxembourgeois à la présidence d’honneur. Nouveaux membres effectifs : les doyens de Philippeville et de Fosses, Auguste Mélot, député, et le comte de Villermont, président de la Ligue agricole de la province de Namur. Le chanoine Couturiaux, président effectif, de Marche, est flanqué d’un vice-président: le chanoine Houba, archiprêtre à Namur.
Les pèlerinages à Lourdes deviennent donc pleinement diocésains. Toutefois l’administration et l’organisation, gérées par Emile Lejeune, demeurent à Arlon.
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Le maire de Lourdes proteste.
En France, depuis le 1er janvier 1906, la loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat est entrée en vigueur. Si la hiérarchie ecclésiastique est délivrée de la tutelle gouvernementale, des tracasseries diverses et multiples risquent par contre d’entraver le libre exercice du culte. Les Fabriques d’église sont supprimées et doivent être remplacées par des associations cultuelles auxquelles seront attribués les biens temporels du culte.
En vue d’assurer la transmission de ces biens, la loi ordonne que soit dressé un inventaire descriptif et estimatif. A cet effet, les agents de l’administration des Domaines se présentent, le 26 janvier 1906, dans les sanctuaires de Lourdes et établissent l’inventaire. A l’issue de l’opération, une protestation du Conseil municipal est lue devant les agents par le maire Justin Lacaze : […] si les menses épiscopales (biens de l’évêché) doivent disparaître, la population catholique de Lourdes revendique hautement pour l’évêque du diocèse le droit de rester, comme il l’a toujours été, à la tête du domaine de Massabielle.
Le maire rappelle qu’en janvier 1861 le Conseil municipal de Lourdes a vendu à l’évêque de Tarbes les terrains dits "Rives de Massabielle" pour qu’une chapelle y soit érigée. Depuis cette époque, poursuit Justin Lacaze, cette chapelle, connue aujourd’hui sous le nom de "Basilique de Notre-Dame de Lourdes", est devenue le rendez-vous des pèlerinages du monde entier, et a été pour notre cité et, surtout pour notre population ouvrière, une cause de prospérité, jusqu’alors inconnue.
Quels que soient les événements et les lois humaines, la Providence et la Vierge veilleront sur Lourdes ; les pèlerins continueront à y venir inlassablement, et de plus en plus nombreux, en particulier les habitants du diocèse de Namur.
La guerre 1914-1918 : une longue parenthèse
Comme prévu, le pèlerinage du 11 septembre 1906 sera vraiment diocésain, le train bleu (453 personnes), partant d’Arlon, le train vert (393 personnes), de Namur.
Le premier pèlerinage strictement masculin, suggéré par Mgr Heylen, s’ouvrira le 28 avril 1909. Un contingent de 420 hommes dont 74 prêtres. C’est un succès en cette saison où les travaux des champs mobilisent les cultivateurs. Incident à Paris : les dernières voitures du train déraillent … Une grosse secousse. Pas de blessé mais le convoi prend du retard.
A partir de 1910, deux pèlerinages auront bien lieu chaque année, l’un au printemps, l’autre en automne.
La guerre de 1914-1918 interrompt l’organisation des voyages à Lourdes tandis que la Belgique, occupée par l’armée allemande, vit dans les privations, la souffrance et les deuils. L’œuvre d’Emile Lejeune connaît une longue parenthèse qui ne se fermera qu’en 1921 avec le pèlerinage de la reconnaissance et de la paix retrouvée. Un triomphe : 2.800 participants en trois trains et, de plus, 200 fidèles venus en train ordinaire. Et cela en dépit de bien des difficultés dont celle que pose alors l’obtention des passeports.
L’œuvre retrouve son rythme de croisière. Bientôt, un pèlerinage s’intercale entre celui du printemps et celui de l’automne.
C’est alors aussi que les itinéraires vont se diversifier : par exemple, on va à Lourdes par Lisieux pour la première fois en 1926. L’année 1925 a vu se dérouler le premier pèlerinage à Rome (via Sion, Assise, Pise, Berne) qui se renouvellera tous les deux ans. D’autre part, le Mont-Saint-Michel devient une escale sur le chemin de Lourdes au même titre que Lisieux.
Les années 1930 sont marquées par une grande crise économique. Cependant, au cours de 1931, Emile Lejeune conduira devant le rocher de Massabielle 3749 pèlerins. Soit sept trains dont cinq directs, et deux par Lisieux. Ainsi de 1930 à 1939, trente-neuf trains transporteront 21.043 personnes à Lourdes. En outre, pendant cette même période, l’œuvre diocésaine s’étendra à d’autres sanctuaires et à d’autres pèlerinages. Nous aurons l’occasion d’en parler dans un prochain numéro de "Salve Regina".
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Réflexion et relance après la guerre 40-45
En 1939, l’Allemagne annexe l’Autriche et s’empare entièrement de la Tchécoslovaquie. Hitler envisage d’envahir la Pologne, ce qu’il fera d’ailleurs en septembre. Les menaces de guerre sur notre pays et ses voisins s’amplifient et se précisent. Cependant le pèlerinage vers la cité du Gave se prépare et 1860 pèlerins sont inscrits en août 1939. Mais, le 23 de ce même mois, le matériel des chemins de fer français est réquisitionné pour les besoins de l’armée. Et le 25 août, la sagesse veut que le projet de pèlerinage soit annulé pour éviter qu’il ne se transforme en une "expédition hasardeuse". Il faudra même récupérer un groupe de pèlerins, partis en avant-garde le 20 août. Ils seront rapatriés à partir de Toulouse.
C’est en 1939 qu’Emile Lejeune cesse ses activités professionnelles, après une carrière de 42 ans au gouvernement provincial à Arlon. Il a 60 ans, l’âge où les élans et les rêves reviennent en force. L’initiateur des voyages à Lourdes prend prématurément sa retraite avec la ferme intention de se consacrer plus activement encore à l’œuvre des Pèlerinages.
Hélas, dans ce domaine, à cause de la guerre 1940-1945, Emile Lejeune connaît une longue période de répit, qu’il met à profit pour réfléchir et concevoir les projets futurs.
Après le conflit mondial, il opère immédiatement la relance des pèlerinages à Lourdes, à raison de trois par an. Il organise aussi des séjours de détente en Suisse dans une atmosphère religieuse.
Emile Lejeune prépare encore un déplacement dans les Grisons lorsqu’il décède, le 18 avril 1951, à l’âge de 73 ans. Un homme exceptionnel s’en va. Un organisateur extraordinaire sans aucun doute mais aussi un grand chrétien que les épreuves n’ont pas épargné : "la mort de trois enfants en bas âge, les disparitions prématurées de trois de ses cinq enfants voués à Dieu et finalement le décès de sa femme en 1936."
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Une équipe : Maxi Tasiaux et Paul Tavier
A la suite de la mort d’Emile Lejeune, les pèlerinages à Lourdes, prévus pour mai et août sont annulés.
Le 3 mai 1951, le secrétariat de l’œuvre des Pèlerinages diocésains namurois, qui, depuis 1902, fonctionne au 10, rue de Viville à Arlon, est transféré à Namur, 4, place du Chapitre.
Ce secrétariat va être assumé par l’abbé Maxi Tasiaux, aumônier de l’Action catholique des jeunes, qui immédiatement, prépare le voyage à Lourdes prévu du 14 au 22 septembre 1951.
Maxi Tasiaux : une voix, une force de la nature, l’amabilité, l’enthousiasme, des convictions, une foi robuste… Nouveau style avec ce jeune prêtre. Il voit dans le pèlerinage une "véritable marche vers Dieu", qui doit se prolonger dans la vie de tous les jours, après le retour au pays.
Devenant le directeur des Pèlerinages namurois, le chanoine Tasiaux s’adjoint, en février 1956, un secrétaire permanent en la personne de Paul Tavier, âgé de 26 ans, originaire de Hour. Un homme intelligent, travailleur, courtois, simple, jamais désarçonné par les difficultés et maniant l’humour à bon escient. Il sera la cheville ouvrière des pèlerinages qui, dès les années 1960, vont davantage encore se diversifier.
Si Rome figure déjà au programme depuis un certain temps, la Terre Sainte s’y ajoutera en 1964, d’abord tous les deux ans et par bateau, plus tard en avion et plusieurs fois par année.
C’est à partir des années 1973-1974 que plusieurs pèlerins du diocèse vont en Egypte, puis en Grèce sur les traces de saint Paul, en Turquie où saint Jean et l’apôtre des Gentils s’illustrèrent par la prédication et le sacrifice.
En 1976, les Pèlerinages namurois font confiance à la voie aérienne ; la formule est intéressante, elle séduit, elle se développe au point qu’à ce jour plus de 16.000 fidèles se sont rendus par avion dans la ville mariale des Hautes-Pyrénées, en atterrissant à Tarbes.
Ainsi que le souligne volontiers Paul Tavier, le concile Vatican II a beaucoup changé l’esprit de Lourdes et des pèlerinages, notamment par la concélébration de l’eucharistie, la liturgie plus accessible, l’utilisation du français pour les offices et les lectures, la prédication plus ouverte, les carrefours et les échanges plus proches des préoccupations quotidiennes des gens.
Le miracle de Lourdes
Les acteurs de l’histoire n’arrêtent pas le temps. Les années passent, les pèlerinages se succèdent, les hommes se remplacent. En 1995, Paul Tavier, premier collaborateur du chanoine Tasiaux, prend sa retraite sans pour autant cesser toute activité dans l’œuvre des Pèlerinages namurois dont il préside aujourd’hui le conseil d’administration. Son successeur sera son fils Bertrand qui très vite va maîtriser l’organisation avec dynamisme et perspicacité.
Le 9 juin 1997, Maxi Tasiaux, atteint d’une grave maladie, s’en va pour le pèlerinage de l’éternité, donnant à ceux qu’il quitte l’exemple d’un grand courage dans la souffrance. Le chêne s’est abattu mais il laisse des racines de sève, d’esprit et de cœur.
A la suite de ce décès, l’abbé Philippe Goffinet, prêtre éminent à bien des égards, devient le directeur des Pèlerinages namurois.
L’histoire des chemins menant les fidèles du diocèse de Namur à Lourdes est multiple. Nous en avons relevé quelques jalons, des fragments, des signes. Un récit sans aucun doute incomplet. Un abrégé.
Nous n’avons pas évoqué les miracles. Et pourtant le miracle de Lourdes existe. Il est permanent. Nous l’avons vécu comme tous les pèlerins. Il se manifeste lumineusement quand tous les bruits de la ville se brisent à l’entrée des sanctuaires et que des milliers d’hommes et de femmes, blancs, noirs et jaunes, valides et malades, partagent le même silence, la même espérance, la même sérénité spirituelle.
Le miracle de Lourdes, c’est la chute de toutes les barrières, de toutes les différences, celles des classes, des races, des langues et des cultures. C’est l’humanisme des ressemblances, la fraternité à l’état universel.
André Collard
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Statistiques des pèlerinages namurois à Lourdes
Depuis le premier voyage de 1903 jusqu’au pèlerinage de septembre 2002.
              Nombre            Pèlerins            Pèlerins
             de trains             valides             malades
                 477               236.043             19.840
Total des pèlerins
par trains (236.043 + 19.840)                           255.883
Pèlerins par avion (à partir de 1976)                    16.452
Pèlerins par cars (à partir de 1997)                      1.237
                                                                               
Total général                                                  273.572
 
 
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La diversification et l'adaptation des pèlerinages au cours du siècle.
 
A l'origine
L'initiative des pèlerinages est venue d'un groupe de jeunes du patronage Saint-François-Xavier de Arlon qui désiraient se rendre à Lourdes. Monsieur Emile Lejeune prit les choses  en main et concrétisa le projet.
Comme le rappelle si bien André Collard dans son historique des Pèlerinages Namurois (voir Salve Regina N° 1/2003), le succès est immédiat et fulgurant, à tel point que dès 1905, les pèlerinages arlonnais, déjà devenus luxembourgeois sont reconnus comme diocésains par Monseigneur Heylen.
Les rassemblements de Lourdes sont donc diocésains, mais très vite aussi, se fait sentir le besoin d'aller ailleurs, vers d'autres destinations de pèlerinage.
Début de la diversification
Et dès 1906, apparaissent, dans la revue de l'association, des publicités pour des pèlerinages en Terre Sainte avec l'association Notre-Dame de Salut (qui existe toujours à l'heure actuelle).
C'est une véritable expédition que d'entreprendre un tel voyage et ce n'est pas accessible à tous. Départ de Marseille le 2 septembre, retour le 11 octobre, soit 40 jours, à bord du bateau l'Etoile. Itinéraire : Athènes, Mont-Athos, Constantinople, île de Rhodes, circuit en Terre Sainte et retour par Le Caire et les pyramides, Malte, Naples et Pompéi. Nous pouvons également lire sur cette publicité qu'il s'agit déjà du 32e pèlerinage en Terre Sainte.
Si ces pèlerinages ne sont pas organisés par l'association de Monsieur Lejeune, elle est déjà un relais pour satisfaire les désirs les candidats pèlerins.
A l'initiative de Monseigneur Heylen est créé le premier pèlerinage des hommes en 1909. Nous ne trouvons nulle part l'explication à cette "ségrégation" mais le succès est à nouveau au rendez-vous. Il y a eu six pèlerinages des hommes jusqu'en 1952.
En 1910, un pèlerinage à Lourdes supplémentaire est organisé en passant par Domrémy (Jeanne d'Arc) et Paray-le-Monial. C'est le premier pèlerinage des vacances.
L'idée qui a germé dans la tête de Monsieur Lejeune est de faire découvrir aux pèlerins d'autres lieux, essentiellement des lieux de pèlerinage.
L'essor de l'entre-deux guerres
En 1922, 950 pèlerins se rendent à Nancy pour participer au spectacle de la Passion. L'expérience sera renouvelée en 1923, 24 et 29. Ce sont 2308 personnes qui se sont déplacées pour voir ce spectacle.
En 1925, apparaît le pèlerinage à Rome. Il aura lieu tous les deux ans. Le voyage se fait par train spécial dans lequel ont pris place 453 pèlerins. Ce système permet de choisir aisément les étapes du pèlerinage (1925, étapes à Sion, Assise, Pise, Florence, Milan et Berne - 1927, étapes à Chambéry, Pise, Assise, Padoue, Venise, Milan et Einsiedeln ...).
En 1926, 462 pèlerins participent au pèlerinage à Lisieux.
Monseigneur Heylen, évêque du diocèse de Namur, est également président des congrès eucharistiques internationaux. En 1930, le congrès est organisé à Carthage (Tunisie). Monsieur Lejeune profite du déplacement vers Marseille pour passer par Paray-le-Monial, Ars, Lyon et pour revenir par Avignon et la Grande Chartreuse.
En 1932, c'est à Dublin que se déroule le congrès eucharistique. Les Pèlerinages Namurois sont les organisateurs officiels pour toute la Belgique. 300 personnes y participeront et visiteront, au passage, Londres et Oxford. Puis ce sera Budapest en 1938.
Dans la foulée, en 1934, pour les grandes journées belges d'Einsiedeln, ce sont 470 pèlerins qui effectueront le déplacement vers le sanctuaire suisse grâce aux Pèlerinages Namurois.
Derrière tous ces pèlerinages, on retrouve toujours l'idée exprimée dans la revue Salve Regina numéro un de 1934 : "Poursuivant notre programme d'éducation artistique des foules catholiques, nous avons compris dans le programme du pèlerinage à Lourdes une visite complète de la ville de Nîmes." C'est bien ce souci que l'on trouve au travers de cette diversification.
Malgré la crise des années 1930, le succès ne se dément pas. Suite à la dévaluation de 1935, il y a une baisse importante du nombre de pèlerins mais très vite la courbe de participation redevient vite ascendante.
Pour la période de1903 à 1939, ce sont 114 trains pour Lourdes qui ont transporté 62905 pèlerins auxquels il faut ajouter 2131 pèlerins à Rome, Carthage Dublin et Budapest, 2308 pèlerins à la Passion de Nancy, 450 à Lisieux et 158 à Sainte-Odile. La plupart des grands sanctuaires de France ont été visités : Domrémy, Ars, Fourvière, Paray-le-Monial, Nevers, Sainte-Anne d'Auray, Chartres, Mont Saint-Michel,...
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L'après-guerre
Durant les années de guerre, les hospitaliers ont continué à se retrouver annuellement, sauf en 1944. En 1946, un petit groupe de pèlerins reprend le chemin vers Lourdes. Après ces années de grandes frustrations, les foules de pèlerins reviennent encore plus nombreuses à Lourdes : de 2330 personnes en 1947, on passe à 4318 dès 1948. La reprise est à nouveau fulgurante.
Pour répondre "au désir de certaines familles catholiques", Monsieur Lejeune a "organisé en août 1948, une semaine de détente à Einsiedeln". 25 personnes vont y prendre part. En 1949 et 1950, ce sont chaque fois 50 personnes qui se rendent à Sion pour une semaine de détente priante.
1950, les Pèlerinages Namurois vont conduire plus de 600 belges, dont plus de 400 pèlerins du diocèse de Namur, vers Rome pour l'Année Sainte. "L'intention principale des pèlerins est, assurément, de gagner la grand Indulgence du Jubilé,... Mais ce pèlerinage leur donne en outre l'occasion de visiter les plus célèbres sanctuaires de la chrétienté, d'admirer une série remarquable de villes d'art et de monuments et de parcourir quelques régions les plus pittoresques de l'occident".
La mort inopinée de Monsieur Lejeune, le 18 avril 1951, lors de la préparation d'un séjour dans les Grisons en Suisse, "plongea quelques temps dans le désarroi l'oeuvre des pèlerinages diocésains".  Les deux pèlerinages à Lourdes de mai et d'août sont supprimés.
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Une énergie nouvelle
Mais le désarroi n'est pas long. Quinze jours plus tard, c'est le jeune abbé Max. Tasiaux qui va prendre la succession. Et de quelle manière ! C'est à cette date que le secrétariat va être installé à Namur. Les pèlerinages vers Lourdes vont reprendre leur rythme de croisière et l'oeuvre de Monsieur Lejeune est assurée dans la continuité.
En 1952, le congrès eucharistique de Barcelone voit 170 pèlerins belges emmené par leur nouveau responsable.
L'abbé Tasiaux, dans le même temps qu'il assure la responsabilité des Pèlerinages Namurois, est également aumônier de l'Action catholique des jeunes. C'est cet esprit nouveau qu'il va insuffler dans ses nouvelles fonctions. Les pèlerinages vont s'en ressentir.
En 1952, une section des jeunes des Colonies fraternelles et des Cadettes de Notre-Dame se rendent alternativement à Lourdes aux vacances de Pâques, accompagnés par l'abbé Hanoul. En 1954, année mariale et année du 25e anniversaire des Colonies fraternelles, 500 jeunes se rendent à Lourdes avec la collaboration des Pèlerinages Namurois.
Le 26 août 1959, un convoi de 3000 pèlerins du diocèse de Namur se dirige vers Trèves pour aller vénérer la Sainte Tunique du Seigneur. De nombreuses personnes ne peuvent cependant pas prendre part à ce déplacement, faute de places.
1960, Lourdes accueille le congrès du M.I.J.A.R.C. (mouvement international de la jeunesse agricole et rurale catholique). Plus de 25.000 jeunes venus de tous les coins du monde s'y sont réunis.
Les Pèlerinages Namurois sont de toutes les parties, saisissant la balle au bond, répondant à toutes les sollicitations d'un monde catholique en plein mouvement.
En 1962, l'abbé Tasiaux rédige l'éditorial du Salve Regina depuis Jérusalem. Il est parti en repérage en Terre Sainte avec l'espoir de pouvoir un jour emmener des pèlerins sur les pas de Jésus. Le premier groupe y part en 1964, par bateau, en collaboration avec des organisations françaises. Un groupe est constitué tous les 2 ans.
Dans le prolongement des pèlerinages à Lourdes, lors des vacances, les pèlerins peuvent découvrir l'Espagne : Saint-Jacques de Compostelle (en 1965 et 1976) et Loyola (1970).
En 1965, une animation spécifique est proposée aux enfants présents au pèlerinage. Ils sont une cinquantaine, garçons et filles de six à quatorze ans. Deux carrefours sont organisés ainsi que la découverte des lieux où vécut Bernadette à Lourdes et Bartrès et de la Cité Saint-Pierre. Ces initiatives ont permis aux enfants de "comprendre le message de la Vierge et en imprégner leur vie".
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Simplifications administratives.
Il est intéressant de garder à l'esprit que tous ces pèlerinages ont été réalisés à une époque où voyager était encore d'une grande complexité administrative. Les réseaux ferroviaires ne sont pas encore unifiés. Pour se rendre à Lourdes, il faut donc disposer, pour chaque pèlerin, d'un billet pour chaque compagnie de chemin de fer qui jalonne le trajet (Etat belge, Est français, Nord belge, Nord français, Orléans et Midi). C'est donc un véritable casse-tête pour les organisateurs que de s'y retrouver dans tous les tarifs, en fonction de la gare d'embarquement, de la classe, de l'âge,...
Le passage des frontières est également source d'une grande anxiété. Dans un compte rendu de 1911, nous pouvons lire : "Anor ! La douane ! Formalité bien désagréable pour les fumeurs... Que d'ingéniosité aussi de la part de certains amis du bon vieux Nicot pour dérober aux regards indiscrets des représentants du fisc, d'amples provisions de route."
Au retour, chacun est également tenu de déclarer ses achats de souvenirs aux douaniers et de s'acquitter de la taxe.
Avec la construction européenne et l'unification des réseaux nationaux des chemins de fer, les formalités vont progressivement s'estomper au point que de nos jours, nous n'avons plus qu'un vague souvenir de tous ces désagréments du voyage.
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Développement économique
Après la reconstruction de l'Europe après la guerre, les années 60 vont marquer un tournant dans le développement économique, technologique et l'infrastructure.
Le réseau autoroutier se développe avec une rapidité incroyable dans toute l'Europe permettant les déplacements par autocars. L'aviation se sécurise et se démocratise. C'est également une période d'une prospérité inconnue jusque-là. Le pouvoir d'achat des ménages est élevé et le chômage presque inexistant.
Dans ce contexte, de nouveaux types de voyages vont se mettre en place. Les pèlerinages par autocars voient le jour. En 1973, 150 pèlerins partent pour Lisieux par ce mode de transport. Ces voyages sont généralement contenus entre le lundi et le vendredi, ce qui permet aux prêtres, encore nombreux, de profiter de quelques vacances sans délaisser leur paroisse le dimanche et aux grands-parents de recevoir leurs petits-enfants le week-end. La formule plaît et a emmené des pèlerins dans un nombre invraisemblable de sanctuaires de France, essentiellement, mais aussi de Suisse ou d'Allemagne.
La démocratisation des prix de l'avion et la sécurisation des vols rend possible les pèlerinages en Terre Sainte au plus grand nombre par des séjours beaucoup plus courts que par bateau pour des prix nettement plus abordables. Le "vrai" pèlerinage est maintenant à la portée de tous. En 1972, un pèlerinage en Terre Sainte est même organisé pour les jeunes de l'Action catholique.
D'autres destinations deviennent également accessibles : la Turquie en 1977, Fatima en 1978.
En 1976, un nouveau pas est franchi. Le train n'est plus l'unique mode de transport pour rejoindre Lourdes. L'avion fait son apparition. Ce ne sera qu'une percée timide pour commencer, mais bien vite elle va connaître un engouement que seule l'arrivée du TGV en Belgique en 1997 va pouvoir freiner. D'une quinzaine de pèlerins en 1976, on passe à plus de onze cents en 1996.
Jusque dans les années 80, seule l'Italie continue à accueillir nos pèlerins par trains entiers, Rome attirant un tel nombre de participants, que seul l'acheminement par trains spéciaux reste possible. Lors de l'Année Sainte de 1975, ce sont 650 pèlerins qui prennent place à bord du train spécial de pèlerinage. Seuls deux petits groupes de 50 personnes n'ayant pu se joindre au train s'y rendent par avion. Le dernier train est celui organisé pour la canonisation du Frère Mutien en 1989, 300 pèlerins y ont pris place.
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Crise économique et crise religieuse
Après avoir atteint des sommets de participation à la fin des années septante,  les années quatre-vingts vont marquer le début d'une lente érosion de la participation des pèlerinages à Lourdes. Ce sont les années d'austérité des gouvernements Martens successifs mais aussi le début d'un certain désintérêt de la chose religieuse. Dans les années florissantes, les gens, pour la plupart, ont pris l'habitude de prendre des vacances et d'en profiter pour voyager. Ils souhaitent aussi découvrir d'autres lieux que Lourdes ou ne plus y séjourner aussi longtemps. Les séjours plus courts, et donc moins coûteux, par avion vont alors apparaître. Les familles n'ont plus le budget pour cumuler un séjour à Lourdes avec une autre destination, le pèlerinage n'étant plus considéré comme destination prioritaire de vacances. On voit alors les grands-parents emmener leurs petits-enfants en pèlerinage, souvent comme cadeau de communion.
D'autre part, pour ceux qui ont pris l'habitude de voyager, naît un désir de voyager autrement. Les enfants sont devenus autonomes, la carrière professionnelle n'est plus à construire et une recherche spirituelle apparaît. Les pèlerinages culturels répondent parfaitement à ce désir en satisfaisant cette curiosité à découvrir notre histoire, de nouveaux horizons, d'autres cultures,... mais aussi répondent à cette quête spirituelle. Le but n'est donc plus uniquement de se rendre sur un lieu de pèlerinage ou de vénérer un saint mais de redécouvrir nos racines à la lumière du message évangélique.
S'adapter et innover
Dans ce contexte, nous parlons alors, non pas de tourisme religieux qui met en avant l'aspect touristique agrémenté de quelques visites religieuses, mais de pèlerinage culturel où le voyage est un prétexte à une approche spirituelle. C'est en tout cas le rôle essentiel tenu par les animateurs des pèlerinages, qui souvent transforment un touriste en pèlerin. On peut alors proposer de très  nombreuses destinations : Grèce, Turquie, Chypre, Sicile, Tchéquie, Pologne, Irlande, Espagne, Portugal,... et on peut en inventer beaucoup d'autres.
Cette évolution s'est renforcée dans le courant des années nonante.
1997 voit apparaître les premiers groupes vers Lourdes par autocars. Cette formule permet un passage par Nevers. L'intérêt pour les pèlerins est de pouvoir découvrir, en un seul pèlerinage, les deux faces de la vie de sainte Bernadette et aussi de le faire au sein d'un petit groupe bien vite soudé par le ferment spirituel que l'animateur y insuffle. Jusqu'à cette date, seules les agences de voyages proposaient des déplacements, mais pas de véritables pèlerinages, vers Lourdes par car.
En 1998, apparaissent les pèlerinages d'une journée (Reims, Maastricht, Anvers, Banneux, Trêves, Bon Secours-Tournai et Lourdes à partir de 1999). Ces journées, qui pourraient être perçues comme des excursions, sont vécues comme de véritables pèlerinages. Les motivations à la participation à ces groupes sont multiples : retrouver l'ambiance des pèlerinages, découvrir un patrimoine culturel et religieux d'une autre manière, découvrir les activités des Pèlerinages Namurois sans trop investir financièrement, vivre toutes les dimensions d'un vrai pèlerinage lorsque l'on n'a pas la possibilité de quitter son foyer plusieurs jours pour diverses raisons,... Il y a probablement autant de raisons différentes qu'il y a de personnes dans le groupe.
En 2002. On a remis au goût du jour le principe du pèlerinage des vacances, itinérant ou circulaire, qui avait vu le jour en 1938. Il s'agit en quelque sorte de faire un tour de France de sanctuaires avec comme point culminant Lourdes en y retrouvant les autres pèlerins du rassemblement diocésain.
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Les pèlerinages de demain
Beaucoup de personnes se sont essayées à des projections sur l'avenir. Dans les années soixante, on imaginait que la voiture de l'an 2000 volerait, qu'on irait déjeuner sur la lune,... Nous ne nous livrerons pas à ce genre d'exercice. Mais nous pouvons brosser des tendances. Nous allons vers une plus grande diversification où les aspects culturel et humain seront au centre du pèlerinage. La notion de rassemblement diocésain est en perte de vitesse. De moins en moins de pèlerins savent encore ce qu'est un diocèse. L'idée de rassembler un grand nombre de pèlerins, à Lourdes par exemple, sera de plus en plus difficile à maintenir, le monde économique qui nous entoure nous forçant à un certain étalement des groupes. Dans ces conditions qu'en sera-t-il de la disponibilité de nos prêtres accompagnateurs qui sont déjà de plus en plus sollicités pour faire face à la carence des vocations ? Peut-on considérer que les J.M.J. sont une nouvelle forme de pèlerinage ?
Il y aura de nombreux défis à relever.
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Conclusions
Durant les 75 premières années de l'œuvre des pèlerinages, on peut considérer que ce que l'on appelle à l'époque "les foules" sont catholiques et que le souci des Pèlerinages Namurois est non seulement d'entretenir cet état, mais aussi de contribuer à l'éducation culturelle et artistique permanente des pèlerins, "Que tes œuvres sont belles".
Depuis 25 ans, les Pèlerinages Namurois se sont adaptés à l'évolution de notre société (wallonne plus particulièrement). On peut dire que les "foules" ne sont plus en majorité catholiques. Pour beaucoup de personnes, c'est d'abord l'aspect de découverte du patrimoine culturel et religieux qui prime dans le choix d'entreprendre un pèlerinage. Il y a bien sûr un certain intérêt pour la dimension spirituelle mais qui n'est pas toujours bien identifiée. C'est donc à l'animateur du groupe d'aider à franchir le pas entre le touriste et le pèlerin.
Le pèlerinage paraît désuet pour bon nombre de nos contemporains, pourtant le message qu'il véhicule est d'une étonnante actualité. Redécouvrir nos racines avec la diversité culturelle qu'elles recèlent pour nous faire découvrir la richesse de l'autre. C'est un message d'ouverture et de tolérance que l'on peut alors saisir. Un pèlerinage c'est également remettre l'humain au centre des préoccupations au travers de relations vraies au sein du groupe de pèlerins. C'est enfin remettre toutes ces découvertes en relation avec le message évangélique pour leur donner du relief.
Les pèlerinages devront encore s'adapter et se réinventer mais ils auront toujours leur raison d'être.
Bertrand Tavier
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Dernière mise à jour le : 24 février 2010.