Histoire de Lourdes
Au milieu
du dix-neuvième siècle, la vie politique, économique et sociale est
gravement bouleversée en Europe. Bien que la France soit en pleine
expansion économique avec la houille, le fer, le textile, la machine à
vapeur, …la plupart des gens sont dans la misère, les inégalités
grandissent. L’Eglise de France est confrontée à de graves oppositions,
l’incroyance se répand dans toute la société.
Lourdes,
petite bourgade blottie autour de son château fort, au cœur des
Pyrénées. En 1858, c’est un simple chef-lieu de canton comme tant
d’autres : le siège d’un tribunal, un relais de poste pour les curistes
de Barèges et de Luz-Saint-Sauveur, une petite paroisse avec ses 4135
habitants, meuniers ou tailleurs de pierre pour la plupart.
Tout
commence le 11 février 1858… Bernadette Soubirous fait partie des plus
pauvres de Lourdes, par son humilité, sa pauvreté d’argent, de culture,
de santé… Et c’est elle que Notre-Dame choisit pour lui transmettre un
message vivant de foi qui très vite atteindra le monde entier.
Que
retenir de ce message ?
- Au cours
des dix-huit apparitions, la Sainte Vierge passe plus de temps à se
taire qu’à parler. A ses yeux le silence a du prix. Son silence
apprend à Bernadette, et, par elle, au peuple de Dieu, le prix du
recueillement. Pour pénétrer les cœurs, Dieu a besoin de recueillement
et de paix. Le silence est donc essentiel, non seulement en pèlerinage,
mais dans le quotidien de notre vie.
-
Notre-Dame éduque Bernadette au signe de la croix : un vrai, lent et
large signe de croix, sans ostentation, de toute sa foi, et avec un
grand amour.
- "Vous
prierez Dieu pour les pécheurs" - "Pénitence, pénitence, pénitence"
- "Allez baiser la terre en pénitence
pour les pécheurs" … Ce message nous montre l’exigence
évangélique de la conversion et de l’amour de Dieu à travers Marie pour
les pécheurs. Plus que quiconque, Jésus dénonce le péché. Plus que
quiconque, il aime les pécheurs. Jésus est l’évangile de la
miséricorde, de la tendresse de Dieu : "Je
ne suis pas venu pour appeler les justes mais les pécheurs".
Avec une singulière insistance, Marie demande la prière et la pénitence
pour les pécheurs. Cette consigne de pénitence ne supprime en rien
l’entrain, la joie, le bon sens et les gamineries de Bernadette. Très
souvent, nous regardons la pénitence avec un regard de deuil.
Bernadette en témoigne, c’est un chemin de joie, de vie car elle n’a de
sens que pour une plus grande ouverture à Dieu et aux frères, un amour
plus vrai, plus fécond.
- Lourdes
et un lieu où l’on peut "voir" le peuple de Dieu. A la Grotte, dans les
sanctuaires, sur l’esplanade, la multitude est action de grâce :
l’Eucharistie est au cœur des pèlerinages.
- Lourdes
a goût d’évangile : les malades s’y sentent chez eux, les pauvres y sont
heureux, la fraternité et la joie y sont partagées par tous…
Aller à
Lourdes aujourd’hui, c’est suivre les pas de Bernadette, c’est se mettre
à son école. Cette petite fille de 14 ans éduque les foules de notre
temps au silence, à l’attention aux autres, à la prière…
La source
qu’elle a dégagée en 1858 était déjà là, enfouie, cachée… Avec Marie,
Bernadette a fait jaillir cette source. Aujourd’hui encore, pour chaque
pèlerin, Lourdes est un temps fort offert dans sa vie, un "cadeau" : un
cœur à cœur avec Dieu, caché si souvent, jaillit par Marie et
Bernadette : toutes les deux nous conduisent vers le Seigneur,
revivifient notre vie d’enfant de Dieu…
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Thème d'année à Lourdes :
"le
chemin de Bernadette"
Tout au long de l'année dernière, les pèlerins ont été invités à suivre
le "chemin du jubilé". En 2009, les sanctuaires de Lourdes nous
proposent de suivre le "chemin de Bernadette", car, si l'Eglise l'a
déclarée "sainte", ce n'est pas en vertu des apparitions (tous les
voyants de l'histoire n'ont pas été canonisés), mais à cause de sa vie
tout entière.
Le
chemin de Bernadette en 4 étapes :
Discerner sa vocation : à l'hospice.
Bernadette a eu rapidement l'intuition qu'elle serait religieuse. Elle
n'a jamais voulu s'établir dans le monde, comme elle y était invitée.
Mais elle a mis 8 ans pour trouver où le Seigneur l'appelait. Quand la
Dame lui dit, la première fois, d'aller à la source pour y boire et s'y
laver, elle se dirige d'abord vers le Gave. La Dame doit lui faire
comprendre que ce n'est pas la bonne direction. La scène du 25 février
comporte des allées et venues, des tâtonnements avant la découverte de
la source. Il en fut de même pour la découverte de sa vocation.
La
vie en Eglise : au presbytère et à l'église paroissiale.
Bernadette n'allait pas au catéchisme : son manque d'instruction, les
séjours à Bartrès,... ne lui ont pas permis de faire sa première
communion. Mais elle ne vivait pas en dehors de l'Eglise. Elle
fréquentait l'église paroissiale, allant à la messe.
L'Eglise est très présente dans la période des apparitions, surtout,
parce que Bernadette est chargée d'une mission auprès "des prêtres" :
une procession et une chapelle. Malgré le mauvais accueil du curé
Peyramale, Bernadette revient au presbytère. De la part du curé, elle
demande son nom à la Dame qui finit par lui dire : "Je suis l'Immaculée
Conception". Bernadette a transmis le message.
L'Eucharistie : à la tente de l'adoration.
Bernadette est revenue de Bartrès en janvier 1858, pour préparer enfin
sa première communion. Celle-ci eut lieu le 3 juin. Marie a ainsi
préparé Bernadette à recevoir son Fils. Ce faisant, ne commençait-elle
pas à réaliser la promesse du 18 février : Bernadette serait heureuse,
non dans ce monde, mais dans l'autre. L'Eucharistie est l'avant-goût de
ce monde. Bernadette s'est bien plus nourrie de l'Eucharistie que des
souvenirs de la Grotte.
Le
service : aux accueils des malades et à la cité St Pierre.
A l'hospice des soeurs de Nevers, Bernadette a commencé à servir les
malades. A vrai dire, le service était, chez elle une disposition
habituelle. Bernadette a vaincu sa répulsion devant certaines plaies,
par amour du Christ. D'aide-infirmière, elle est devenue responsable de
l'infirmerie. Par sa joie intérieure, son bon sens, sa lucidité
spirituelle, son humilité,..., Bernadette rendait service à la
communauté, sans même sans rendre compte.
Bonne marche sur "le chemin de Bernadette".
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